1. Glossaire de l'évaluation et de la correction
  2. Vocabulaire de l'Éducation nationale
  3. GAR (gestionnaire d'accès aux ressources)

GAR (gestionnaire d'accès aux ressources)

Le GAR est le service national du ministère de l'Éducation nationale qui donne accès aux ressources numériques depuis l'ENT sans transmettre l'identité des élèves aux éditeurs. Une ressource n'y entre qu'après conventionnement de l'éditeur ; c'est le passage obligé pour être déployé dans les collèges et lycées publics.

Aussi appelé gestionnaire d'accès aux ressources · GAR Éducation nationale · médiacentre · ressource GAR · conventionnement GAR · éditeur GAR

Le gestionnaire d'accès aux ressources est un service opéré par le ministère de l'Éducation nationale, créé par l'arrêté du 6 novembre 2018 après avis de la CNIL. Son rôle tient en une phrase : permettre à un élève ou à un enseignant d'ouvrir une ressource numérique depuis son ENT sans que l'éditeur de cette ressource reçoive son nom, son établissement ou sa classe en clair. Le GAR se place entre le portail de l'établissement et les fournisseurs, attribue un identifiant opaque à chaque usager et ne transmet que les attributs strictement nécessaires à la ressource. Pour un chef d'établissement public, c'est le cadre dans lequel une ressource numérique peut être déployée à l'échelle sans ouvrir un dossier RGPD par outil.

Comment fonctionne le GAR

  • Un conventionnement préalable de l'éditeur : un fournisseur de ressource signe avec le ministère un contrat de sous-traitance qui fixe les données reçues, leur usage, leur hébergement et leur durée de conservation. Il passe ensuite des tests techniques d'interopérabilité. Sans cette étape, la ressource n'apparaît pas dans le médiacentre.

  • Une affectation décidée localement : une fois la ressource au catalogue, c'est un responsable d'affectation dans l'établissement, sous l'autorité du chef d'établissement, qui l'attribue à des classes, des groupes ou des enseignants. Le ministère est responsable de traitement pour le GAR lui-même, le chef d'établissement pour les affectations.

  • Une pseudonymisation par défaut : l'éditeur voit un identifiant technique, un niveau, une discipline, parfois un groupe. Il ne voit ni nom ni prénom. Il ne crée aucun compte et ne conserve rien au-delà de ce que le contrat autorise. C'est cette architecture, plus que la ressource elle-même, que la CNIL a validée en 2018.

Un exemple réel

Un collège public de 500 élèves reçoit deux propositions pour un outil d'aide à l'évaluation. La principale demande au référent numérique de comparer ce que chaque scénario implique pour l'établissement, avant de présenter le sujet au conseil d'administration.

Question

Ressource conventionnée GAR

Outil hors GAR, copies anonymisées

Qui porte le contrat de sous-traitance ?

Le ministère, une fois pour tous les établissements

L'établissement, avec l'appui du DPO académique

Quelles données élève sortent ?

Un identifiant opaque et quelques attributs scolaires

Le contenu des copies, sans nom si l'outil caviarde

Comment l'enseignant se connecte-t-il ?

Depuis le médiacentre de l'ENT, sans compte à créer

Compte professionnel créé par l'enseignant

Délai avant usage en classe

Quelques jours si la ressource est déjà au catalogue

Immédiat pour un test, plus long pour un déploiement général

Le tableau montre que le GAR ne dit rien de la qualité pédagogique d'un outil. Il répond à une question de gouvernance des données. Un outil de correction qui ne traite que des copies anonymisées reste déployable hors GAR pour un test avec quelques enseignants, comme le prévoit la plupart des académies, mais le conventionnement devient la voie normale dès que l'établissement veut l'ouvrir à toutes ses classes. L'anonymat des copies et le GAR répondent au même besoin par deux mécanismes différents.

En pratique, pour l'établissement qui choisit un outil

  • Vérifier le statut GAR de l'éditeur, pas sa promesse : le catalogue des ressources conventionnées est consultable depuis le médiacentre. Un éditeur « en cours de conventionnement » n'y figure pas encore, et le délai réel dépend autant de lui que du ministère.

  • Distinguer test et déploiement : une expérimentation avec cinq enseignants sur des copies anonymisées relève d'une décision d'établissement encadrée par le DPO académique. Un déploiement à toutes les classes avec des données élèves appelle le GAR. Confondre les deux bloque le test ou fragilise le déploiement.

  • Garder la main sur ce qui sort vers le bulletin : le GAR gère l'accès à la ressource, pas le retour des résultats. Une note produite dans un outil tiers ne rejoint le bulletin ou le LSU que par la saisie de l'enseignant dans le logiciel de vie scolaire.

À ne pas confondre avec

  • L'ENT : le portail de l'établissement, déployé par la collectivité. Le GAR est un service national branché sur ce portail via le médiacentre ; il n'existe pas sans ENT, mais un ENT fonctionne sans lui.

  • Le référencement dans un catalogue de collectivité : certaines régions financent des ressources via leur propre catalogue. C'est un canal d'achat, pas un cadre de protection des données. Une ressource peut être au catalogue régional et distribuée par le GAR, ou l'un sans l'autre.

  • L'anonymat des copies : une pratique d'évaluation qui masque l'identité de l'élève au correcteur. Le GAR masque l'identité de l'élève à l'éditeur. Les deux peuvent se cumuler, aucun ne remplace l'autre.

Le cadre réglementaire

L'arrêté du 6 novembre 2018 définit les finalités du traitement, les catégories de données, leurs destinataires et leur durée de conservation. Il fait du ministère le responsable de traitement du GAR et des fournisseurs de ressources ses sous-traitants, liés par un contrat type conforme à l'article 28 du RGPD. L'affectation des ressources aux usagers reste une opération locale placée sous la responsabilité du chef d'établissement, qui peut la déléguer à un responsable d'affectation. Le dispositif est ouvert aux écoles, collèges et lycées publics et, sous conditions, aux établissements privés sous contrat dont l'ENT est raccordé. Il ne couvre pas l'enseignement supérieur, qui relève d'autres fédérations d'identité. Une présentation en conseil de classe ou en conseil pédagogique d'un outil d'évaluation gagne à préciser d'emblée dans lequel de ces deux cadres il s'inscrit.

Pour un décideur, le GAR est un critère de déploiement, pas un critère de choix. Il détermine à quelle vitesse et avec quelles formalités une ressource peut atteindre toutes les classes d'un établissement public. La question de savoir si cette ressource aide réellement les enseignants à évaluer se pose avant, et elle se tranche sur les copies, pas sur le connecteur.

Sources

  1. Arrêté du 6 novembre 2018 portant création par le ministère de l'Éducation nationale d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « gestionnaire d'accès aux ressources » (GAR)6 novembre 2018
  2. Ministère de l'Éducation nationale, site gar.education.fr : présentation du dispositif, contrat de sous-traitance et procédure d'intégration des fournisseurs de ressources1 septembre 2024
  3. CNIL, délibération n° 2018-278 du 13 septembre 2018 portant avis sur le projet d'arrêté relatif au GAR13 septembre 2018
  4. Eduscol, page « Le GAR, gestionnaire d'accès aux ressources »1 septembre 2024

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