1. Glossaire de l'évaluation et de la correction
  2. Vocabulaire de l'Éducation nationale
  3. ENT (espace numérique de travail)

ENT (espace numérique de travail)

L'ENT est le portail numérique unique d'un établissement scolaire : messagerie, cahier de textes, vie scolaire, ressources pédagogiques et accès aux services tiers, avec un seul identifiant. Il est déployé par la collectivité et l'académie selon le schéma directeur des ENT du ministère.

Aussi appelé espace numérique de travail · portail ENT · ENT collège · ENT lycée · SDET · médiacentre

L'espace numérique de travail est le portail par lequel élèves, familles, enseignants et personnels d'un établissement accèdent à l'ensemble de ses services numériques avec un identifiant unique. Le cadre national est fixé par le schéma directeur des ENT, publié par le ministère et régulièrement mis à jour. Mais le déploiement, lui, est local : la région pour les lycées, le département pour les collèges, en lien avec l'académie. C'est ce qui explique que l'on parle de « l'ENT de la région » et non d'un produit national. Pour un établissement qui veut brancher un outil d'évaluation ou de correction, l'ENT est donc à la fois une porte d'entrée et un ensemble de contraintes à connaître avant de signer.

Ce que contient un ENT et qui décide de quoi

  • Un socle de services : messagerie interne, cahier de textes, emploi du temps, actualités, stockage de documents. Le SDET liste ces briques et impose des exigences d'interopérabilité, d'accessibilité et de sécurité aux éditeurs qui répondent aux marchés des collectivités.

  • Des connecteurs vers des services tiers : la vie scolaire et le bulletin sont le plus souvent gérés par un logiciel distinct (Pronote, EcoleDirecte, Skolengo) accessible depuis l'ENT. Les manuels et ressources numériques passent par le médiacentre, la brique de l'ENT reliée au GAR.

  • Trois décideurs pour un seul portail : la collectivité choisit l'éditeur et paie l'infrastructure, l'académie pilote les usages pédagogiques et l'annuaire, le chef d'établissement administre les droits et reste responsable de traitement pour les données de ses usagers. Un outil tiers qui veut entrer dans l'ENT doit convaincre les trois.

Un exemple réel

Un lycée général de 1 200 élèves veut proposer à ses enseignants un outil d'aide à la correction. La proviseure adjointe demande à l'équipe de direction de qualifier trois scénarios d'intégration avant de trancher, en fonction de ce que l'ENT régional permet.

Scénario

Ce que cela implique

Délai et interlocuteurs

Outil autonome, hors ENT

Comptes créés par l'enseignant, aucune donnée élève nominative transmise, copies anonymisées

Immédiat ; validation du DPO académique sur le contrat de sous-traitance

Lien dans l'ENT sans authentification unique

Simple raccourci dans le portail, même fonctionnement que le scénario 1

Quelques jours ; administrateur ENT de l'établissement

Ressource accessible via le médiacentre (GAR)

Connexion avec l'identifiant ENT, aucune création de compte, données pseudonymisées par le ministère

Plusieurs mois ; suppose que l'éditeur soit conventionné GAR et que la collectivité active la ressource

Le lycée retient le premier scénario pour la phase de test avec cinq enseignants, parce que l'outil n'a pas besoin de connaître l'identité des élèves pour corriger des copies. Le passage par le médiacentre est reporté au moment où l'usage se généralise. Cette séquence est la plus courante : l'anonymat des copies enlève l'essentiel du problème de données personnelles, et le bulletin reste dans le logiciel de vie scolaire.

En pratique, pour l'établissement qui choisit un outil

  • Demander à la collectivité ce que l'ENT accepte : chaque marché régional ou départemental a son catalogue de connecteurs et sa procédure d'ajout. Un outil qui « s'intègre à l'ENT » sur sa plaquette ne s'intègre pas forcément au vôtre.

  • Séparer l'authentification du transfert de données : se connecter avec son identifiant ENT est confortable, mais ce n'est pas ce qui protège les élèves. Ce qui compte pour le DPO, c'est quelles données sortent, vers qui, hébergées où, et si un contrat de sous-traitance le cadre.

  • Ne pas confondre ENT et outil d'évaluation : l'ENT transporte et affiche, il ne corrige pas. Les notes finissent dans le logiciel de vie scolaire, puis dans le LSU ou le LSL. Le travail d'évaluation lui-même se fait en amont, dans les outils de l'enseignant.

À ne pas confondre avec

  • Le GAR : le gestionnaire d'accès aux ressources est un service national opéré par le ministère, qui contrôle l'accès aux ressources numériques depuis l'ENT. L'ENT est le portail, le GAR est le sas entre ce portail et les éditeurs.

  • Le logiciel de vie scolaire : Pronote ou EcoleDirecte gèrent absences, notes et bulletins. Ils sont accessibles depuis l'ENT mais restent des produits distincts, achetés séparément par l'établissement.

  • Le LSU : le livret scolaire unique est une application nationale alimentée par le logiciel de vie scolaire. Il n'est pas une brique de l'ENT, même si les familles y accèdent souvent par ce chemin.

Le cadre réglementaire

Le SDET n'est pas un texte réglementaire mais un référentiel : il s'impose aux éditeurs par les cahiers des charges des marchés publics des collectivités, compétentes en matière d'équipement numérique des collèges et des lycées depuis la loi du 8 juillet 2013. Le traitement de données de l'ENT a été créé par l'arrêté du 30 novembre 2006, actualisé depuis pour le RGPD. Le chef d'établissement est responsable de traitement pour l'usage local, la collectivité pour l'hébergement, et tout outil tiers qui reçoit des données par l'ENT devient sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD. C'est ce point, plus que la technique, qui décide en conseil d'administration si un service peut être proposé aux enseignants. Le conseil de classe, lui, n'intervient pas dans ce choix : il consomme les résultats produits par les outils, il ne les sélectionne pas.

Pour un décideur d'établissement, l'ENT est rarement bloquant et rarement suffisant. Un outil de correction utile se juge d'abord sur ce qu'il fait des copies et de leur contenu, ensuite sur la manière dont il s'insère dans le portail. Poser la question dans cet ordre évite de retenir un service parce qu'il a un connecteur, et d'en écarter un autre parce qu'il n'en a pas encore.

Sources

  1. Ministère de l'Éducation nationale, Schéma directeur des espaces numériques de travail (SDET), version 6.41 juin 2021
  2. Arrêté du 30 novembre 2006 portant création d'un traitement de données à caractère personnel relatif aux espaces numériques de travail30 novembre 2006
  3. Code de l'éducation, article L. 213-2 (collèges) et L. 214-6 (lycées) : compétence des collectivités sur les infrastructures numériques8 juillet 2013
  4. Eduscol, page « Espaces numériques de travail » (présentation et cadre de référence)1 septembre 2024

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