Évaluation par contrat de confiance (EPCC)
L'évaluation par contrat de confiance est un protocole proposé par André Antibi où l'enseignant annonce à l'avance la liste des exercices dont le devoir sera tiré, et organise une séance de questions avant l'épreuve.
Aussi appelé EPCC · évaluation par contrat de confiance · contrat de confiance · méthode Antibi
L'évaluation par contrat de confiance, souvent abrégée EPCC, est un protocole d'évaluation formalisé par le mathématicien André Antibi au milieu des années 2000. Son principe tient en une phrase : l'enseignant annonce à l'avance la liste précise des exercices ou des questions parmi lesquels le devoir sera constitué, et consacre une séance entière, juste avant l'épreuve, à répondre aux questions des élèves sur ces exercices. Le contrat est explicite des deux côtés : l'élève sait ce qu'il doit travailler, l'enseignant s'engage à ne pas évaluer autre chose.
Les quatre étapes du protocole
Le programme de révision : une semaine avant le devoir, l'enseignant distribue la liste des exercices traités en classe qui serviront de réservoir. La liste est fermée, elle n'est pas une simple indication de chapitre.
La séance de questions : la veille ou l'avant-veille, une heure entière est consacrée aux questions des élèves sur ces exercices. C'est l'étape que la plupart des enseignants qui abandonnent l'EPCC ont supprimée, alors que c'est elle qui produit l'essentiel de l'effet.
Le devoir : environ les trois quarts du barème portent sur des exercices issus de la liste, légèrement modifiés. Le quart restant est un exercice non annoncé, qui permet de distinguer les élèves capables de transférer.
L'exploitation : les erreurs qui subsistent malgré l'annonce des exercices sont, par construction, des difficultés réelles et non des problèmes de révision. Elles constituent une base de travail beaucoup plus fiable qu'un devoir classique.
Un exemple réel
Voici comment se traduit concrètement le passage d'un devoir classique à un devoir en contrat de confiance sur un même chapitre de mathématiques en classe de seconde.
Élément | Devoir classique | Devoir en contrat de confiance |
|---|---|---|
Annonce faite aux élèves | Réviser le chapitre sur les fonctions affines | Liste nommée de 9 exercices du cahier, numéros compris |
Temps de préparation en classe | Aucun, ou quelques minutes en fin d'heure | Une heure entière de questions ouvertes |
Ce que mesure la note basse | Mélange indémêlable de non-révision et d'incompréhension | Une difficulté d'apprentissage identifiable |
Part du barème non annoncée | La totalité | Environ un quart des points |
Antibi rapporte que les moyennes de classe remontent nettement après le passage à ce protocole, ce qui est logique puisque la part de la note qui dépendait de l'organisation personnelle des élèves disparaît. C'est également là que se concentre la critique : une moyenne plus haute n'est pas en soi la preuve d'un apprentissage plus solide.
En pratique, pour l'enseignant qui corrige
Le barème devient beaucoup plus simple à écrire, puisque les attendus ont été discutés avec la classe avant l'épreuve. Le barème gagne en précision parce qu'il a été verbalisé en amont.
Les erreurs deviennent lisibles. Sur un exercice annoncé et retravaillé en classe, une erreur persistante désigne un obstacle précis et alimente directement la remédiation.
Gardez la partie non annoncée. Sans elle, le devoir ne discrimine plus rien au-delà de la restitution, et la note perd sa capacité à signaler les élèves qui savent transférer une méthode à une situation nouvelle.
À ne pas confondre avec
La constante macabre : c'est le diagnostic posé par le même auteur, la tendance inconsciente à produire une proportion fixe de mauvaises notes. L'EPCC en est le remède proposé, pas le synonyme.
L'évaluation formative : l'EPCC reste une évaluation notée qui compte dans la moyenne. Elle emprunte à la logique formative sa phase préparatoire, mais elle produit bien une note qui sanctionne.
Le fait de donner le sujet à l'avance : l'EPCC annonce un ensemble d'exercices sources, pas le sujet lui-même. La confusion entre les deux est la première cause de rejet du dispositif en salle des professeurs.
Les objections à connaître
Trois critiques reviennent. La première est que le dispositif favoriserait le bachotage, puisqu'il récompense la mémorisation d'exercices connus. La deuxième est qu'il rend les notes moins comparables entre classes, ce qui complique l'harmonisation et le travail du conseil de classe. La troisième est qu'il prépare mal aux examens terminaux, dont le sujet reste par nature inconnu. Ces objections sont réelles, mais elles visent surtout les mises en oeuvre partielles, celles qui conservent l'annonce des exercices en supprimant la séance de questions et l'exercice non annoncé.
En pratique, l'EPCC se combine bien avec une grille d'évaluation critériée et avec une notation par compétences, puisque les trois démarches partagent le même pari : rendre explicite ce qui est attendu avant de mesurer, plutôt que de révéler les critères au moment de rendre les copies.
Sources
- André Antibi, La constante macabre ou comment a-t-on découragé des générations d'élèves1 janvier 2003
- André Antibi, Les notes : la fin du cauchemar, ou en finir avec la constante macabre1 janvier 2007
- Eduscol, Évaluer pour faire progresser les élèves1 janvier 2023
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