Évaluation formative
L'évaluation formative intervient pendant l'apprentissage pour renseigner l'élève et l'enseignant sur ce qui est acquis et ce qui ne l'est pas. Elle sert à réguler l'enseignement, pas à sanctionner un niveau par une note.
Aussi appelé évaluation formative · évaluation diagnostique · évaluation en cours d'apprentissage
Toute évaluation ne sert pas à classer. Certaines existent uniquement pour savoir où en est l'élève pendant qu'il apprend encore, à un moment où l'enseignement peut encore être modifié. C'est la fonction formative : produire de l'information exploitable immédiatement, par le professeur comme par l'élève.
Ce qui la distingue
Évaluation formative | ||
|---|---|---|
Moment | Pendant l'apprentissage | À la fin d'une séquence, d'un trimestre, d'un cycle |
Destinataire | L'élève et l'enseignant | L'institution, la famille, le dossier d'orientation |
Produit | Un retour détaillé, souvent sans note | Une note ou un niveau de maîtrise reporté au bulletin |
Question posée | Qu'est-ce qui bloque, et que faire maintenant ? | Qu'est-ce qui est acquis au terme du parcours ? |
Les deux ne s'opposent pas : c'est le même devoir qui peut être exploité de façon formative ou sommative selon l'usage qu'on en fait. Voir évaluation sommative.
À quoi ça ressemble en classe
Un devoir rendu annoté mais non noté, avec une consigne de reprise précise sur les deux points les plus coûteux.
Un test rapide en début de séance dont le résultat décide du contenu de l'heure suivante.
Une grille critériée distribuée avant le devoir, que l'élève utilise d'abord pour s'auto-évaluer.
Une co-évaluation entre pairs sur un critère unique, par exemple la seule qualité de l'introduction.
Un brouillon intermédiaire relu avant la version finale, sur une production longue.
Origine de la notion
La distinction entre évaluation formative et évaluation sommative est proposée par Michael Scriven en 1967, à propos de l'évaluation des programmes, puis transposée aux apprentissages des élèves par Bloom, Hastings et Madaus en 1971. Elle a depuis structuré une grande partie du vocabulaire pédagogique francophone.
Ce qui fait qu'une évaluation formative fonctionne
Le retour arrive assez tôt pour que l'élève puisse encore agir dessus.
Il décrit un écart et une action, pas une qualité de personne : « ton plan annonce trois parties et n'en traite que deux » plutôt que « travail brouillon ».
Un temps de reprise est effectivement prévu en classe. Sans reprise, le retour le plus fin ne produit rien.
L'enseignant en tire une conséquence pour son propre enseignement, pas seulement pour l'élève.
À ne pas confondre avec
L'évaluation diagnostique : elle se place avant l'apprentissage pour établir un point de départ. Le formatif intervient en cours de route.
Le devoir non noté : retirer la note ne suffit pas. Sans retour exploitable ni temps de reprise, on a seulement une évaluation sommative dont on a effacé le résultat.
L'évaluation par compétences : c'est une façon de décrire ce qu'on évalue, pas un moment. Une évaluation par compétences peut être parfaitement sommative et alimenter le LSU.
Le point de friction : le temps
L'évaluation formative est unanimement recommandée et inégalement pratiquée, pour une raison simple : elle demande d'écrire un retour individualisé sur des copies qui ne « comptent » pas, en plus des évaluations qui comptent. C'est le premier poste de charge que les enseignants sacrifient quand le calendrier se resserre. Tout ce qui réduit le coût d'un retour écrit détaillé, d'une correction dématérialisée à une banque de commentaires réutilisables, agit directement sur ce point. Voir aussi nos repères sur le feedback constructif et sur la pédagogie différenciée.
Sources
- Michael Scriven, The Methodology of Evaluation, 1967 (distinction formatif / sommatif)1 janvier 1967
- Benjamin Bloom, J. Thomas Hastings, George Madaus, Handbook on Formative and Summative Evaluation of Student Learning, McGraw-Hill, 19711 janvier 1971
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