Chapitre 2. Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988
- Durée estimée
- 2h
- Barème
- 20 points
Essayer Examino
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Exercice 1. Questions de cours (6 points)
(Barème indicatif : 2 points par question)
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Définissez ce que l'on appelle l'« alternance politique » de 1981 et expliquez brièvement sa portée historique.
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Citez et décrivez deux réformes sociales majeures mises en place durant le septennat de Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981).
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Expliquez ce qu'est le « tournant de la rigueur » de 1983, en précisant ses causes et ses conséquences politiques.
Exercice 2. Étude critique de documents (8 points)
Contexte : En 1981, l'une des promesses de campagne de François Mitterrand est l'abolition de la peine de mort. Son Garde des Sceaux, Robert Badinter, porte le projet de loi devant l'Assemblée nationale où les débats sont vifs.
Document 1 : Discours de Robert Badinter, Garde des Sceaux, à l'Assemblée nationale, 17 septembre 1981.
J'ai l'honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. [...]
Dans les pays de liberté, l'abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée. [...] La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'État a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. [...]
Aussi prudente que soit la justice, aussi mesurés et angoissés que soient les femmes et les hommes qui jugent, la justice demeure humaine, donc faillible. Et je ne parle pas seulement de l'erreur judiciaire absolue, quand, après une exécution, il se révèle, comme cela peut encore arriver, que le condamné à mort était innocent et qu'une société entière – c'est-à-dire nous tous – au nom de laquelle le verdict a été rendu, devient ainsi collectivement coupable puisque sa justice rend possible l'injustice suprême. [...] Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer, au nom de ses valeurs fondamentales – celles qui l'ont faite grande et respectée entre toutes – la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition ; ou cette société croit, en dépit de l'expérience des siècles, faire disparaître le crime avec le criminel, et c'est l'élimination.
Document 2 : Extraits de l'allocution de Pascal Clément, député (UDF), opposé au projet de loi, 17 septembre 1981.
La société a donc le droit – ou alors soyons pacifistes et refusons d'armer les bras de nos soldats – de donner la mort pour se défendre. Ce droit n'est légitimé que par la nécessité. [...] Dans ces conditions, elle ne peut être supprimée que si autre chose joue le rôle qu'elle tenait : empêcher l'homme de devenir criminel, empêcher le criminel de récidiver. [...]
Un autre problème se pose que personne n'a le droit de gommer. La récidive existe, et elle est d'autant plus révoltante qu'elleaurait pu être évitée. La récidive n'est pas rare, et elle est, bien souvent, le fait de criminels qui avaient été antérieurement passibles de la peine de mort. Bénéficiaires de la clémence des jurés, ils ont été condamnés à la réclusion perpétuelle. Par le jeu des réductions de peine, quinze ans après, ils sont sortis de prison et ils ont récidivé. [...]
Que ferez-vous alors si, poussés par un sentiment d'insécurité, convaincus de la démission du pouvoir judiciaire, les Français décident de plus en plus nombreux de se défendre tout seuls ?
Questions :
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Présentez les deux documents en précisant leur nature, leurs auteurs, la date et le contexte général de leur rédaction. (2 points)
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D'après le document 1, relevez et classez les principaux arguments de Robert Badinter en faveur de l'abolition de la peine de mort. (2 points)
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À l'aide du document 2, exposez les raisons pour lesquelles Pascal Clément s'oppose à cette abolition. (2 points)
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Montrez en quoi ce débat illustre les profondes transformations politiques et sociales que connaît la France au début des années 1980. (2 points)
Exercice 3. Réponse construite (6 points)
À partir de vos connaissances, montrez comment les mutations de la société française entre 1974 et 1988 se manifestent à travers l'évolution des droits des femmes, la place de l'immigration et les transformations du paysage audiovisuel.
Votre réponse devra être structurée et argumentée, en vous appuyant sur des exemples précis vus en cours (loi sur l'IVG, Marche pour l'égalité et contre le racisme, fin du monopole de l'ORTF, radios libres...).