Chapitre 3. La France : une nouvelle place dans le monde
- Durée estimée
- 2h
- Barème
- 20 points
Essayer Examino
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Exercice 1 : Étude critique de documents (10 points)
Consigne
Après avoir présenté les documents dans leur contexte, montrez qu'ils exposent deux conceptions différentes de la République et du pouvoir. Expliquez ensuite laquelle de ces deux visions s'est imposée en France à partir de 1958.
Document 1 : Discours d'investiture de Pierre Mendès France devant l'Assemblée nationale, 18 juin 1954
Le Gouvernement démissionnaire a demandé les pouvoirs spéciaux. Le Parlement les lui a refusés. Il a bien fait. La politique du pays ne peut être dirigée dans le secret. Le Parlement doit en connaître. Il a le droit et le devoir d'exercer le contrôle qui est sa raison d'être essentielle. [...]
Un pays comme le nôtre ne se gouverne pas en dissimulant la vérité à ses citoyens. Un pays comme le nôtre ne se gouverne pas sans la confiance de ses citoyens, confiance qui ne peut naître que de la vérité. Un pays comme le nôtre ne se conduit pas en cédant à la facilité. [...]
C'est le régime parlementaire qui est le meilleur, parce qu'il est le plus efficace, pourvu qu'il soit authentique. Mais il n'est authentique que s'il y a un gouvernement qui gouverne, et un Parlement qui contrôle, sans empiéter sur le domaine du gouvernement, ni le paralyser par une méfiance a priori. Le gouvernement que je constituerai sera et ne pourra être que celui de l'Assemblée tout entière.
Source : Extrait du discours d'investiture de Pierre Mendès France, 18 juin 1954.
Document 2 : Discours de Charles de Gaulle à Bayeux, 16 juin 1946
Du Parlement, composé de deux Chambres et exerçant le pouvoir législatif, il va de soi que le pouvoir exécutif ne saurait procéder, sous peine d'aboutir à cette confusion des pouvoirs dans laquelle le Gouvernement ne serait bientôt plus rien qu'un assemblage de délégations. Sans doute aura-t-il fallu, pour mener à bien les réformes profondes, que le pouvoir exécutif fût solide et que l'Assemblée nationale fût consentante. Mais ce serait attenter à la souveraineté du peuple que de vouloir, hors de circonstances exceptionnelles, plier un Parlement aux volontés d'un homme.
Il est donc nécessaire que nos institutions démocratiques nouvelles compensent, par elles-mêmes, les effets de notre perpétuelle effervescence politique. [...] Bref, la rivalité des partis revêt chez nous un caractère fondamental, qui met toujours tout en question et sous lequel s'estompent trop souvent les intérêts supérieurs du pays. Il faut en tenir compte. C'est pourquoi il est indispensable que le chef de l'État, placé au-dessus des partis, [...] soit véritablement un arbitre national. [...] C'est à lui qu'il appartiendrait de servir d'arbitre au-dessus des contingences politiques.
Source : Extrait du discours du général de Gaulle à Bayeux, 16 juin 1946.
Barème indicatif
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Présentation des documents et du contexte : 3 points
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Analyse des deux conceptions de la République : 4 points
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Explication de la vision qui s'impose en 1958 : 3 points
Exercice 2 : Réponse à une question problématisée (10 points)
Sujet
Comment la France, à travers les crises de la décolonisation, la construction d'un nouveau modèle républicain et sa politique d'indépendance nationale, redéfinit-elle sa place dans le monde de 1945 au début des années 1970 ?
Consignes
Vous construirez une réponse organisée avec une introduction (présentation du sujet, problématique, annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties et une conclusion. Vous vous appuierez sur vos connaissances personnelles et les points de passage et d'ouverture du chapitre :
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La guerre d’Algérie et ses mémoires ;
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Charles de Gaulle et Pierre Mendès-France deux conceptions de la République ;
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La constitution de 1958.
Barème indicatif
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Introduction (contexte, problématique, plan) : 2 points
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Développement structuré et argumenté : 6 points
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La IVe République face aux défis (décolonisation, guerre froide, Europe).
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La crise algérienne et la naissance de la Ve République.
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La politique de grandeur et de modernisation sous De Gaulle.
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Conclusion (synthèse et ouverture) : 2 points